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La télémédecine : Relier les collectivités

Le projet de télépathologie du Québec devient la plus importante initiative canadienne du genre

La pathologie est une des rares spécialités médicales pour lesquelles les praticiens ne sont jamais en contact direct avec le patient et qui n’exigent pas leur présence physique pour poser un diagnostic. La télépathologie – création, échange et analyse de diapositives virtuelles – crée des connexions entre les pathologistes, qui travaillent isolés les uns des autres, et entre les collectivités rurales et urbaines qu’ils servent. Cette technologie contribue à combler des lacunes qui existent depuis longtemps dans les soins de santé et à donner aux patients les meilleurs diagnostics et les meilleurs traitements possible.

Le projet de télépathologie du Réseau universitaire intégré en santé de l'Université Laval (RUIS-UL) prévoit créer un réseau d’environ 40 pathologistes de l’est du Québec dispersés dans 21 sites, en faisant ainsi le plus important projet de télépathologie du Canada.

Le Dr Bernard Têtu, directeur du projet, dit que le but du projet est de « reproduire ce qui se fait dans nos centres hospitaliers universitaires à des milliers de kilomètres de distance, pour nos communautés éloignées ». Par exemple, même dans un établissement qui ne dispose d’aucun pathologiste sur place, nous pouvons utiliser cet équipement pour une consultation à distance, de sorte qu’un pathologiste de Laval peut montrer à un technicien où faire une incision dans un spécimen congelé. Dans ce cas-ci, le pathologiste pourrait utiliser la télépathologie pour vérifier si l’opération a permis d’enrayer le cancer complètement.

Dans les hôpitaux universitaires et certains hôpitaux régionaux, il arrive que les ressources médicales suffisent à peine à couvrir leurs propres besoins en pathologie, et certains ne peuvent offrir qu’une présence intermittente en raison d’une pénurie de pathologistes. En raison de ce manque de ressources, les patients qui vivent en périphérie des grands centres et qui nécessitent une intervention chirurgicale doivent se rendre à l’hôpital de la ville, ce que beaucoup de personnes âgées des collectivités éloignées ne sont pas en mesure de faire.

Lorsqu’un pathologiste n’est à la disposition d’un hôpital que pour une période limitée (quelques jours, une semaine ou un mois), le réseau doit faire l’ordonnancement des interventions chirurgicales en fonction de la disponibilité du pathologiste. Et, si le pathologiste doit quitter avant le début de l’opération, celle-ci peut être reportée. Également, d’autres opérations peuvent être reportées lorsque des cas nécessitant un pathologiste doivent passer en priorité.

Des procédures plus complexes peuvent être retardées parce que les diapositives doivent être envoyées à un hôpital spécialisé puis retournées à l’hôpital d’origine pour analyse. Un patient peut ainsi avoir à attendre plusieurs jours avant d’être informé d’un possible diagnostic de cancer. Autre conséquence pour le patient : deux procédures sont alors nécessaires, ce qui entraîne une augmentation des coûts et d’autres retards dans les interventions.

En plus de résoudre les problèmes susmentionnés, le projet de télépathologie du RIUS-UL atténuera l’isolement professionnel des pathologistes en région qui sont actuellement incapables d’obtenir une consultation d’urgence avec un collègue pour les cas complexes.

« Dans 20 % des cas, un pathologiste demande un deuxième avis médical, dit le Dr Têtu. Dans un hôpital universitaire, nous consultons nos pairs des bureaux voisins. Maintenant, nous pouvons fournir cette même capacité de consultation aux régions éloignées. »

Cette plus grande collaboration entre confrères, rendue possible grâce à la télépathologie, peut contribuer au recrutement de pathologistes à des postes en régions périphériques où un tel échange professionnel n’est pas possible autrement. Le Dr Têtu souligne : « Lorsqu’un pathologiste part en vacances, il n’est plus nécessaire de le remplacer sur place – le remplacement peut se faire par d’autres pathologistes de la région. On peut répartir la charge de travail sur une plus grande étendue géographique. »

Le RUIS-UL finalise actuellement l’entente avec Olympus et a commencé à préparer les sites pour la livraison et l’installation de l’équipement. L’objectif est d’avoir cinq sites en opération d’ici la fin de décembre 2009 et d’ajouter quatre nouveaux sites d’ici mars 2010.

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